Biographie
Mirkine, un patronyme inscrit dans la légende du septième art, une oeuvre, celle de Léo et de son fils, Yves "Siki" Mirkine. 
La saga Mirkine commence à Kiev en Ukraine. Leo a neuf ans lorsque la Révolution d’Octobre le déracine, le voilà à Nice avec sa famille. Après une préparation aux Beaux-Arts et des études d’architecture,  Léo va aborder le cinéma par la toute petite porte. Il est d’abord figurant, mais déjà sa personnalité hors normes, son charisme le fait sortir du rang. Il devient  assistant décorateur avant de s’imposer comme photographe de plateau.
Léo Mirkine et très vite son fils « Siki »  ont ainsi vécu puis restitué « de l’intérieur » le tournage de plus de cent films, tous ceux de Christian-Jacque depuis les années 30 jusqu’au bondissant « Fanfan la Tulipe », et tant d’autres devenus d’incontournables classiques, de « Carnet de bal » de Julien Duvivier à « J’accuse » d’Abel Gance,  des « Diaboliques de Georges-Henri Clouzot à « Dieu Créa la femme » de Roger Vadim jusqu’au « Testament d’Orphée » de Jean Cocteau.
Léo Mirkine devient dès le premier Festival de Cannes en 1946, une figure incontournable de la manifestation. Il immortalise, dans leur insouciante jeunesse les futures stars, Gérard Philipe, Simone Signoret, Brigitte Bardot, Alain Delon...En 1951, Yves « Siki » emprunte à son tour le chemin des plateaux et les coulisses du Palais du Festival. Mirkine se conjugue désormais au pluriel.

La magie Mirkine père et fils, c’est ce regard Mirkine si particulier, si attentif, et même si affectueux.
Résistant (le père) et ayant subi la déportation (le fils), ils conjuguaient une extrême gentillesse avec des caractères parfois abruptes et même farouches, ils n’étaient pas de simples photographes, ils étaient des survivants. Ils savaient mieux que quiconque la valeur de la légèreté, de la beauté, de la lumière. D’où  ces portraits, ces scènes d’un naturel exceptionnel, d’une intimité rare.
Les photos Mirkine ne sont jamais des clichés volés, arrachés par effraction à un sujet traqué. Les stars comme les débutantes, cela se voit, sont en confiance, elles ne sourient pas comme à l’accoutumée à leur propre reflet, mais à Léo, à Yves, au photographe qui ne les trahira pas, qui saura donner de la noblesse à un instant anodin, et fera entrer la vie dans leur monde d’artifice, car il le connaît lui, le prix de la vie.

Ensemble Léo et Yves Mirkine auront vécu un siècle de cinéma que leur petite fille et fille, Stéphane, nous permet de découvrir aujourd’hui au travers de plus de 120 000 négatifs.